Pour répondre à de nombreuses personnes du village et aux passionnés du patrimoine qui m’interrogent sur l’état de la grange cistercienne de Fontcalvy et qui espèrent un jour la voir restaurée, je me propose de vous expliquer les étapes à franchir avant de lancer cette restauration.
Comme la grange de Fontcalvy est classée monument historique, pour pouvoir faire les travaux de restauration, il faut une autorisation des services de l’État (Direction régionale des affaires culturelles).
Pour avoir cette autorisation, il est nécessaire de faire réaliser une étude de diagnostic préalable. Celle-ci est généralement confiée à un architecte en chef des monuments historiques (ACMH) ou un architecte du patrimoine qui en est le maître d’œuvre.
L’étude sert à faire un état des lieux du monument, à comprendre pourquoi il est dans cet état, proposer des solutions pour sa restauration et un estimatif de leur coût.
Elle comprend une recherche historique qui s’appuie sur les études ou rapports antérieurs, des relevés en plans et coupes (photogrammétrie par exemple), une analyse détaillée de l’état sanitaire de l’édifice. Elle définit le projet de travaux nécessaire avec les différents scénario de restauration, un phasage des travaux (+ ou – urgents) et une estimation financière globale.
Avec l’étude de diagnostic, le propriétaire du monument historique, aidé de l’architecte, peut déposer auprès de la DRAC la demande d’autorisation de travaux sur monument historique (qui est l’équivalent d’une demande de permis de construire).
C'est à ce moment là que les demandes de subventions et d’aides financières pour la restauration peuvent être déposées auprès de la DRAC (40%) et des autres collectivités (région, département, intercommunalité).
Un projet de restauration présenté de la sorte à toutes les chances d’être soutenu par des fondations comme la Fondation du Patrimoine (Mission Bern). La Fondation du patrimoine est aussi en mesure de lancer, sur son site internet, une campagne de dons auprès des particuliers et des entreprises.
Au terme de l’étude, le propriétaire du monument historique a donc toutes les informations en main pour phaser et lancer les travaux avec un ordre de priorité et en étalant les coûts sur une longue.
Pour la grange de Fontcalvy, c’est au stade de l’étude de diagnostic que ça bloque, alors même que la DRAC a attribué une subvention de 40 % du budget de cette étude et que d’autres sources de financement sont possibles.
Donc, comme le prévoit le Code du patrimoine, sans étude de diagnostic préalable, aucune autorisation de travaux ne sera délivrée et rien ne pourra se faire sur Fontcalvy.
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